Crises financières
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Les marchés financiers : un casino globalisé
En théorie, le secteur financier a pour mission de garantir la transformation effective des économies en investissements. Les épargnants nets (les ménages) confient leurs économies au secteur financier. Les acteurs des marchés financiers prêtent alors cet argent aux débiteurs nets (les entreprises et l’Etat) qui le consacrent à des investissements. En agissant comme intermédiaire, le secteur financier réduit les frais des transactions et veille à ce que les investissements soient effectués là où les gains sont les plus élevés. Idéalement, une telle redistribution de l’épargne facilite le financement des investissements et stimule la croissance économique.

La réalité est bien différente. Les marchés financiers sont submergés par une surabondance de capitaux à la recherche d’un rendement maximal. Seule une infime partie est investie dans l’économie réelle. Le secteur financier invente donc continuellement de nouveaux véhicules de placement adossés à d’autres titres (produits dérivés). Ces derniers contribuent à l’apparition de «bulles» financières déconnectées de l’économie réelle, jusqu’à ce que leur explosion bloque les circuits du crédit, lamine l’épargne des ménages, des entreprises, et entraîne une récession généralisée. La crise financière qui a culminé en septembre 2008, avant de donner naissance, au printemps 2009, à une crise économique mondiale, sans doute la plus violente depuis les années 1930, en constitue un parfait exemple. Le terme «casino» n’est pas exagéré. En effet, les profits et les rendements réalisés dans la sphère financière proviennent essentiellement de la spéculation et non d’investissements concrets.

Si les conséquences délétères de la crise dans les pays industrialisés sont graves (chômage, pauvreté), les répercussions de la crise dans les pays du Sud le sont davantage encore : suite au cocktail détonant provoqué par le ralentissement de la conjoncture et par la flambée des prix des denrées alimentaires, la FAO a ainsi annoncé au printemps 2009 que plus d’1.02 milliard de personnes souffraient désormais de la faim dans le monde.

Alors que les Etats du Nord sont intervenus massivement pour sauvegarder les banques menacées d’effondrement lors de la crise financière, une lutte aussi déterminée contre les conséquences tragiques de la crise économique dans les pays du Sud est loin d’être acquise. Au contraire: les Etats du Nord endettés du fait de la crise risquent de renouer avec une politique d’austérité, dont les crédits à l’aide au développement pourraient bien faire les frais.

Quant à la régulation internationale capable d’éviter la reproduction de crises financières semblables, ou du moins d’en atténuer l’ampleur, elle se fait attendre et les efforts en sa faveur semblent toujours plus modestes, à mesure que les marchés financiers renouent avec les profits.
A son échelle, la DB informe sur les enjeux des principaux développements de politique financière nationale et internationale, en montrant leurs enjeux pour les pays du Sud.

Lire à ce sujet le dossier: «Marchés financiers globalisés: Quelle sera l'ampleur de la prochaine crise?» publié dans l'édition de janvier 2008 de la revue Solidaire.
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